Incontinence et accident vasculaire cérébral (AVC)

La complexité des mécanismes de contrôle neurologique du système vésico-sphinctérien fait que toute pathologie concernant le cerveau, la moelle épinière ou encore les nerfs périphériques aura des conséquences sur la fonction de continence.

Incontinence et accident vasculaire cérébral (AVC)

Les troubles vésico-sphinctériens sont extrêmement fréquents à la phase aiguë de l’AVC.
L’incontinence urinaire prédomine avec une fréquence allant jusqu’à 80% dans la période aiguë de l’AVC. A distance de l’accident, le taux d’incontinence reste compris entre 10 et 33% des patients. Les raisons évoquées pour expliquer la prévalence des troubles vésico-sphinctériens sont l’association du « choc cérébral » avec fréquemment des troubles de la conscience et d’un terrain prédisposé avec nombreux facteurs de co-morbidité. Il faut souligner que la présence de troubles vésico-sphinctériens et notamment d’une incontinence urinaire est considérée comme un facteur indépendant de pronostic sur l’évolution du patient après l’AVC. Enfin, les conséquences de l’AVC peuvent amener à la déstabilisation d’une continence « limite », du fait des difficultés pour le patient à se mobiliser, à communiquer avec sa famille. Cette importance du terrain est bien montrée dans une étude récente dans laquelle les auteurs rapportent 9 ans après l’AVC, un taux d’incontinence après AVC de 20% chez les femmes contre seulement 5% chez les hommes.
Dans ce contexte le retentissement de l’incontinence urinaire sur la qualité de vie des patients est particulièrement difficile à évaluer car il existe souvent un cercle vicieux avec le cumul de plusieurs handicaps qui ont un retentissement sur la qualité de vie et qui aggravent les problèmes mictionnels. Cependant à distance de l’AVC, il semble que le retentissement des troubles vésico-sphinctériens s’aggrave de manière significative avec un retentissement important sur la qualité de vie lorsque les fuites surviennent plus de une fois par mois.